Peuples, langues et minorités

Quatre langues nationales

La Constitution fédérale reconnaît quatre langues nationales. L'allemand, le français et l'italien sont langues officielles de la Confédération, le romanche l'étant dans les rapports avec les personnes de langue romanche. D'après les relevés structurels de l'Office fédéral de la statistique menés au début des années 2020, l'allemand est la langue principale d'environ 62 % de la population résidante, le français de 23 %, l'italien de 8 % et le romanche de 0,5 %. Plusieurs langues pouvant être déclarées, la somme dépasse cent.

Principe de territorialité

La détermination des langues officielles relève des cantons, qui l'appliquent en règle générale selon le principe de territorialité. Vingt-deux cantons sont officiellement monolingues, trois pratiquent le français et l'allemand, à savoir Berne, Fribourg et le Valais, et les Grisons reconnaissent trois langues officielles. Cette organisation encadre l'école obligatoire, l'administration et la justice, et détermine la langue d'instruction dans chaque commune.

Situation du romanche

Le romanche, langue romane parlée dans les vallées grisonnes, compte quelques dizaines de milliers de locuteurs répartis entre cinq idiomes écrits. Une forme unifiée, le rumantsch grischun, a été élaborée en 1982 pour les usages administratifs, sans faire l'unanimité dans les vallées. La Confédération et le canton des Grisons soutiennent financièrement les médias, l'édition et l'enseignement dans cette langue, reconnue comme minoritaire au sens de la charte européenne ratifiée par la Suisse.

Minorités religieuses et gens du voyage

Le paysage confessionnel s'est profondément transformé. Les catholiques romains et les réformés, longtemps majoritaires, ont vu leur poids reculer au profit des personnes sans appartenance religieuse, tandis que les communautés musulmanes et orthodoxes se sont développées avec les migrations. Les rapports entre les Eglises et l'Etat relèvent des cantons, certains reconnaissant plusieurs communautés de droit public et d'autres pratiquant une séparation stricte. Les Yéniches, les Sintis et les Manouches sont reconnus comme minorité nationale depuis 1998 et bénéficient à ce titre de mesures de protection.

Langues de la migration

Les langues issues de la migration occupent une place croissante. L'anglais, le portugais, l'albanais, les langues des Balkans et l'espagnol sont parlés par des effectifs importants, l'anglais s'imposant en outre comme langue de travail dans les entreprises internationales et dans une partie des hautes écoles.