Logement et immobilier en Suisse

Pays de locataires

La Suisse se distingue par l'un des taux de propriétaires les plus bas d'Europe. La majorité des ménages loue son logement, y compris parmi les hauts revenus, et la location constitue une situation durable plutôt qu'une étape avant l'achat. Cette structure s'explique par le niveau des prix, par l'exigence de fonds propres élevés à l'acquisition et par une protection légale du locataire relativement développée.

Baux et garanties

Les baux d'habitation relèvent du code des obligations, donc du droit fédéral. La garantie versée à l'entrée dans les lieux ne peut dépasser trois mois de loyer et se dépose sur un compte bloqué ouvert au nom du locataire. Les résiliations obéissent à des délais et à des termes usuels fixés par les usages locaux, ce qui produit de grandes vagues de déménagement aux mêmes dates dans certaines villes. Un locataire qui juge son loyer abusif saisit l'autorité de conciliation de son canton, gratuite dans la plupart des cas.

Loyers et taux de référence

Les loyers atteignent leurs sommets à Zurich, Genève, Zoug et Bâle, et redescendent nettement dans le Jura, en Valais central ou dans certaines vallées alpines. Le taux hypothécaire de référence, publié par la Confédération, sert de repère pour adapter les loyers à la hausse comme à la baisse. Le taux de logements vacants demeure très faible dans les grandes agglomérations, ce qui rend la recherche difficile et les dossiers fortement concurrentiels.

Achat et restrictions pour les étrangers

L'acquisition de biens immobiliers par des personnes domiciliées à l'étranger reste encadrée par une loi fédérale connue sous le nom de Lex Koller. Les autorisations pour les résidences secondaires sont contingentées et attribuées par les cantons dans les communes à vocation touristique. Une personne titulaire d'un permis d'établissement échappe à ces restrictions et achète librement.

Résidences secondaires

Depuis l'acceptation d'une initiative populaire en 2012, la part des résidences secondaires ne peut dépasser vingt pour cent du parc de logements d'une commune. Cette règle a gelé la construction de nouveaux appartements de vacances dans de nombreuses stations alpines et déplacé le marché vers la rénovation et la revente de l'existant.